Archive pour la catégorie ‘Bordelais’

Le Père Ouvrard

décembre 21, 2007

Source : Restaurants, Brasseries et Bistrots du Bordelais

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Un énigmatique fronton de pierre, murmurant le prénom d’une belle portugaise, surplombe une grande maison bourgeoise de l’allée de la Libération, dans la commune du Bouscat.

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Le premier propriétaire des lieux, qui fit construire la villa Maria Luisa en 1860, était arrivé à Bordeaux en tant que consul du Portugal, et souhaitait s’établir dans un des quartiers les plus recherchés de la ville. Au hasard des mondanités et des rencontres – ou peut-être lors d’une des réceptions que celui-ci aimait tant donner dans les beaux volumes de sa villa – il sympathisa avec le consul d’Allemagne, lui revendant sa maison vingt ans plus tard. À la veille de la première guerre mondiale, celui-ci dut à son tour céder, avec tristesse, sa villa, à des particuliers cette fois.

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Passant de mains en mains, la belle Maria Luisa finira par atterrir dans les mains de l’heureux inventeur du nom du Carambar, puis, plus tard de sa famille.

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Quand M. Ouvrard, le dernier propriétaire, reprend les lieux après avoir revendu son restaurant de Bordeaux, la villa est occupée par un cabinet d’expert-comptable. La physionomie de l’espace a, depuis, quelque peu évolué…

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Avec l’aide d’un architecte des monuments historiques, le nouvel acquéreur, passionné de décoration et d’architecture, déploie toute son énergie pour redonner aux lieux leur cachet d’origine. Moulures, boiseries, parquets Versailles et sols à carreaux refont alors leur apparition, tandis que le «Père Ouvrard» y apporte ses goûts plus personnels. Peintures du XVIIIe et du XIXe, lustres en cristal, consoles Louis XV, bronzes, poêle Gaudin investissent l’entrée et les différents salons, dans un doux désordre joyeusement orchestré.

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Le chef d’orchestre fait malicieusement dialoguer une collection de bustes, dont une imposante figure de proue en bois polychrome, avec des peintures plus contemporaines, chinant, ici, un long bas-relief en plâtre des années 40 sorti d’un claque, qui surplombe aujourd’hui le comptoir, alors qu’il installe deux têtes de missiles dans la grande véranda en fer forgé – construite sur le modèle des salons d’hiver – à l’arrière du bâtiment.

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Pour répondre aux premières chaleurs de l’été, les terrasses se sont agréablement déployées tout autour la villa, dressant leurs tables au milieu des sculptures et des bambous…

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Toutes photographies : © Editions Ereme / David Bordes

39 avenue de la Libération, 33110 Le Bouscat
Tel +33 5 56 02 02 04

Recette : Filet de Bœuf au Foie Gras

Gravelier

novembre 28, 2007

Source : Restaurants, Brasseries et Bistrots du Bordelais

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C’est au début des années 90 qu’Anne-Marie et Yves Gravelier décident de s’installer à Bordeaux, où il vient retrouver ses racines.

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En 1993, les époux ouvrent à l’arraché leur restaurant sur le cours de Verdun, conservant presque intégralement la structure initiale, et adoptant une décoration classique. En 2000, ils décident de changer de cadre et réussissent, se contentant de leur maigre mois de fermeture annuelle, à remanier l’ensemble. De fait, il y a près d’un an que les propriétaires réfléchissent, avec leur décoratrice et amie intime Marie-Alix Bouffard, à la rénovation du restaurant.

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Les Gravelier cherchent alors une atmosphère qui leur ressemble, et qui soit d’avantage en adéquation avec la cuisine d’Yves, à savoir simple – tout du moins en apparence –, actuelle et épurée. Leur choix se porte donc sur des meubles aux formes minimalistes, qui sont réalisés à partir de bois de teck récupéré sur des bateaux et signés Ethnie Craft. Le coup de foudre avec cette société est immédiat, elle leur réalisera donc sur mesure tout ce dont ils ont besoin, y compris les toilettes…

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Il n’existe malheureusement pas ou très peu de murs exploitables dans le restaurant. Se pose donc la question de l’apport de la couleur, à laquelle ils trouvent une réponse immédiate : des luminaires. C’est M. Lasserre, chez Farolito, qui leur réalisera, sur mesure également, ces étonnantes lanternes de soie en trois couleurs, vert anis, orange et aubergine. Beaucoup plus tard ils découvriront que ces trois teintes sont l’emblème du Kabuki, théâtre ancestral japonais. C’est à partir de ce choix que le reste s’est décliné : les couleurs sont reprises dans les moindres détails, objets, casiers à vin, menus, serviettes, y compris la garde-robe de la maîtresse de maison, en osmose avec le décor!

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Toutes photographies : © Editions Ereme / David Bordes

114 cours de Verdun, 33000 Bordeaux
Tel +33 5 56 51 96 07

Recette : Brasero de Rouget aux sarments

Le Castan

novembre 19, 2007

Source : Restaurants, Brasseries et Bistrots du Bordelais

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Il est de ces lieux qui, témoins discrets de l’histoire d’une ville, ont vu défiler plus de cinq générations de Bordelais, alternant périodes de faste et revers de fortunes…

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L’aventure commence en 1890, alors que M. Castan, riche armateur bordelais, décide d’ouvrir un café bar sur les quais de la Douane. Que ce soit lors d’un de ses nombreux voyages en Italie ou plus probablement au Chapon Fin, à quelques centaines de mètres de là, l’histoire ne le dit pas, mais il fait la découverte, quelques années plus tard, d’un courant décoratif bien particulier : la rocaille. Sous le charme de ces amoncellements de formes baroques, M. Castan décide de faire venir de Côme à grands frais la matière nécessaire pour redécorer son établissement.

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Dès 1903, le détonant mélange d’imitations de pierres claires ou sombres comme la lave se répand sur l’ensemble des murs du café.

Celui-ci fait par ailleurs appel au céramiste Boulanger pour réaliser une série de faïences courant tout le long de la salle, tandis qu’une treille sur fond vert-bouteille voisine avec des pilastres rouge sang surplombant la rocaille. Pour achever cette décoration unique, une vaste verrière composée de plusieurs milliers de pièces de verre à la gloire du Castan est posée au-dessus de l’entrée de l’établissement.

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Les lieux restent ainsi aux mains de la famille Castan jusque dans les années 60, avant d’être revendu. L’heure est alors aux «réajustements» décoratifs : des faux plafonds et de nouveaux murs sont installés, les treilles et céramiques s’effacent donc au profit d’un décor plus sobre, laissant à peine respirer la rocaille. L’endroit perd peu à peu de sa flamme…

Il faut attendre 2004 pour qu’une famille de passionnés se décide à reprendre le Castan et lui redonne son aspect d’origine : après avoir consulté tous les documents d’époque dont ils disposent, ils recréent une treille et des pilastres à l’identique. Ils s’engagent par ailleurs dans le décapage minutieux de la rocaille, faisant ainsi ressortir toute la puissance originelle de la matière. Amateurs de design, ils éclairent le beau volume et le bar de luminaires et de lampes d’Ingo Maurer, tandis qu’ils remeublent le café avec du mobilier de chez Tolix.

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L’architecte d’intérieur Marc Benayoun se voit confier le réaménagement de l’espace du fond et du bar, qu’il conçoit avec du granit noir du Zimbabwé, alors qu’un artisan portugais refait tout le sol avec du Calcada du Portugal.

Tel un miraculé, le Castan ressuscite donc, pour le plus grand bonheur des riverains et des plus vieux fidèles des lieux.

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Toutes photographies : © Editions Ereme / David Bordes

2 Quai de la Douane, 33000 Bordeaux
Tel +33 5 56 44 51 97

Recette : Haxoa d’Espelette


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