Archive pour la catégorie ‘Paris’

La Cristal Room Baccarat

décembre 10, 2007

Source : Restaurants, brasseries et bistrots parisiens

La Cristal Room Baccarat 01

Une discrète façade en pierre de taille abrite, sur la Place des Etats-Unis, un hôtel particulier au destin exceptionnel. Repris par Baccarat en 2003 et entièrement rénové par Philippe Starck, il accueille dorénavant le siège de la prestigieuse manufacture de cristaux, ainsi qu’un restaurant, La Cristal Room, dans l’ancienne salle à manger des Noailles.

La Cristal Room Baccarat 03

Séduit tout autant par la personnalité du commanditaire que par la mémoire des lieux, Philippe Starck s’appuie sur deux histoires hors du commun en rénovant de manière exceptionnelle cette maison dans laquelle poésie, esthétisme, culture patrimoniale et design s’imbriquent à merveille et redonnent vie à la belle endormie.

La Cristal Room Baccarat 04

C’est en 1895 qu’elle a été édifiée par l’architecte Paul Ernest Sanson pour un puissant banquier, Maurice Bischoffsheim. Près de vingt ans plus tard, sa fille Marie-Laure, figure emblématique du monde de l’art, reprend avec son mari Charles de Noailles l’hôtel particulier pour en faire un des salons les plus prisés de la capitale. La maîtresse des lieux, dont la fantaisie et la curiosité restent légendaires, demande alors au décorateur Jean-Michel Franck de réaliser un étonnant salon en peau de raie crème ainsi qu’un décor en marqueterie de paille. Dans un cadre hors du commun, où les Rubens et les Watteau se mélangent aux œuvres de Braque, Klee et Picasso, aristocrates, hommes d’affaire et artistes se côtoient dans des fêtes inouïes. Le luxe s’y marie alors au raffinement et à une imagination débridée, que certains n’hésitent pas à qualifier « d’esthétique du bizarre ».

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Marie-Laure de Noailles applaudirait sans aucun doute le nouvel univers, pour lequel Philippe Starck a reçu carte blanche. La Cristal Room, à laquelle on accède par un tapis lumineux, conserve la fantaisie et « l’esprit baroque» qui animait autrefois les lieux : les murs, dont les briques ocre sont entourées de cadres dorés et de marbres, ont été conservés et sont rehaussés de médaillons. Les chandeliers, lustres et verres de Baccarat se mélangent avec un naturel étonnant au mobilier contemporain, chaises, canapés et coussins roses.

La Cristal Room Baccarat 06

Un petit salon au plafond molletonné, d’où s’échappe un imposant lustre noir jouxte la grande salle, tandis qu’une grande table est aménagée, certains soirs, dans le grand escalier, devant une bibliothèque monumentale en verre où sont exposées des pièces du musée.

La Cristal Room Baccarat 07

C’est dans cet univers raffiné et onirique que le chef Thierry Burlot développe une cuisine subtile et enlevée, entraînant les convives un peu plus loin dans le plaisir des sens…

La Cristal Room Baccarat 08

Toutes photographies : © Editions Ereme / Valentine Vermeil

11, place des Etats-Unis, 75016 Paris
Tel +33 1 40 22 11 10

Recette : Tartare d’huîtres et groseilles

Apicius

décembre 3, 2007

Source : Restaurants, brasseries et bistrots parisiens

Apicius 01

C’est dans un site exceptionnel entouré d’un grand jardin, à quelques pas des Champs-Élysées, que Jean-Pierre Vigato a posé son piano il y a près de trois ans pour ouvrir son nouveau restaurant.

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Après quelques années passées avenue de Villiers, dans le XVIIème arrondissement, il est tombé sous le charme d’un espace exceptionnel en plein cœur de Paris dans lequel il a choisi de déménager Apicius. Le grand rez-de-chaussée et les jardins qu’il occupe font partie de l’Hôtel Schneider qui fut édifié par le fondateur des Forges du Creusot autour de 1850, sur le modèle des hôtels particuliers parisiens du XVIIIe siècle.

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L’architecte Eric Zeller, collaborateur régulier de Jean-Pierre Vigato, a intégralement repensé l’espace pour y créer un restaurant contemporain, sans pour autant renoncer à un certain esprit « XVIIIe » qui animait les lieux. Un grand bar a ainsi été aménagé dans une salle à pilastres, toujours ornée de son plafond peint néo-rococo, sur lequel une ribambelle d’angelots virevoltent, surplombant un grand lustre à pampilles qui éclaire les convives lors de l’apéritif.

Apicius 02

Un corridor, qui court sur près de trente mètres tout le long du restaurant, a été conçu pour accéder aux cinq espaces composés d’une enfilade de trois pièces côté jardin et de deux salons particuliers. On retrouve dans chaque salle une partie de la collection d’œuvres d’art, de mobilier et d’objets du chef : des lustres de théâtre, chinés aux puces, illuminent dans une des pièces une vieille table en bois et les assiettes dessinées par Sophie d’E pour Apicius. Dans le couloir, de ravissantes commodes à damier créées par Ginger Brown voisinent avec des œuvres inspirées de la Sécession Viennoise, ou encore un grand tableau de Paul Roland, de la Manufacture Royale de Bruxelles. La terrasse domine un grand jardin dans lequel l’art, à travers quelques sculptures magistrales, tient également une place importante.

Apicius 04

Dans ce mélange réussi fait de sagesse classique, d’un peu de folie baroque et de design, le maître des lieux propose une cuisine élégante qui lui vaut les honneurs répétés de nombreux guides et d’une fidèle clientèle d’habitués.

Apicius 05

Toutes photographies : © Editions Ereme / Valentine Vermeil

20 rue d’Artois, 75008 Paris
Tel +33 1 43 80 19 66

Recette : Selle d’agneau au four, compote de souris aux épices et amandes

Le Train Bleu

novembre 23, 2007

Source : Restaurants, brasseries et bistrots parisiens

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« Cet endroit est un musée, mais on l’ignore. Les temps futurs le classeront », disait Jean Giraudoux à son propos. L’histoire lui a donné raison.

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Soucieuse d’impressionner les futurs visiteurs venus de l’Europe entière pour l’Exposition Universelle de 1900, la compagnie ferroviaire Paris-Lyon-Méditerranée demande à l’architecte Marius Toudoire d’aménager le buffet de la Gare de Lyon.

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Chef d’œuvre de l’art Pompier, les deux salles voûtées d’une hauteur vertigineuse sont ornées d’exubérantes sculptures et moulures en stuc doré réalisées par Edouard Lefèvre, envahies de guirlandes, de feuillages, de mufles de lion, et de nudités. «Des sirènes, cariatides de fantaisie ne soutiennent dans cette architecture que le rêve du voyageur » raconte Louise de Vilmorin en évoquant les tableaux représentant les destinations desservies par les trains de la Gare de Lyon – Antibes, Beaulieu, Hyères… peints par trente artistes différents, tels qu’ Allègre, Latouche, Rigolot, ou Veyson. Véritables morceaux de bravoure, les plafonds du salon doré peints par Flameng, Dubufe et Maignan célèbrent sous une forme à la fois naturaliste et allégorique les trois grandes villes du réseau : Paris, Lyon et Marseille. Ces toiles, représentant des contrées luxuriantes où le ciel est toujours clair, la mer bleue et les femmes élégantes, sont une invitation au voyage et à la rêverie, selon le souhait des compagnies ferroviaires mécènes du projet.

Le Train Bleu 03

Emerveillé par tant de faste et d’opulence, le Président du Conseil de l’époque, Emile Loubet, inaugure l’endroit le 7 avril 1901. Installés sur les banquettes d’okoumé et de cuir brun que l’on imaginerait aisément dans un wagon de première classe du début du siècle, Réjane, Sarah Bernhardt, Edmond Rostand, Colette, puis Jean Gabin ou encore Dali ont passé de nombreux moments dans ce lieu insolite niché au cœur de la gare de Lyon.

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Sauvé de la démolition au lendemain de la seconde guerre mondiale, l’endroit devenu alors un entrepôt, est rénové en 1968 par son nouveau propriétaire Albert Chazal. Appelé Train Bleu en hommage au célèbre Train « Paris-Vintimille », le décor intact de cet incroyable espace a été classé Monument Historique par André Malraux en 1972.

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Toutes photographies : © Editions Ereme / Valentine Vermeil

Gare de Lyon, 75012 Paris
Tel +33 1 43 43 09 06

Recette : Foie gras de canard confit à l’ancienne

Chez Georges

novembre 13, 2007

Source : Restaurants, brasseries et bistrots parisiens

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Jouissant de l’une des plus belles vues de Paris, Georges, situé au sommet du Centre Pompidou, est également l’une des réalisations architecturales les plus enthousiasmantes de ces dix dernières années.

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C’est au cours de la réalisation des travaux de réhabilitation du Centre Pompidou, qui se sont achevés en 2000, que l’ouverture d’un restaurant a été décidée au sommet du Musée national d’art moderne. L’enjeu, de taille, consistait à introduire une nouvelle architecture au sein de la réalisation de Renzo Piano et de Richard Rogers. Les Frères Costes, qui ont obtenu la concession, ont à cette occasion fait appel au cabinet Jakob et MacFarlane pour créer un lieu qui, tout en ayant sa propre personnalité, se fonde dans une architecture si spécifique sans la dénaturer.

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Le duo d’architectes a tenu à préserver l’espace singulier de Beaubourg tout en y exprimant son propre style. Sans toucher aux parois, ils ont développé à l’intérieur de l’espace imparti tout un répertoire de formes libres en aluminium qui s’échappent du sol, et font penser à des organes vivants se propageant à l’intérieur du bâtiment, répondant à leur manière aux célèbres tuyauteries courant le long des plafonds et sur les façades. Les quatre couleurs – bleu, rouge, jaune et vert -
utilisées par les architectes du Centre, et symbolisant l’air, les fluides, les gaines électriques et les circulations ont été reprises par Jakob et MacFarlane à l’intérieur des formes.

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Disséminées dans ces étranges organes ou à leurs côtés, des tables et des chaises au design épuré et linéaire, qui contrastent avec les courbes se développant dans le restaurant, reçoivent les convives dans la grande salle ou sur la terrasse. Dans une ambiance sophistiquée, les convives peuvent y déguster une cuisine de brasserie pimentée de quelques plats asiatiques en contemplant la foule se pressant au pied de Beaubourg ou Notre Dame.

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Toutes photographies : © Editions Ereme / Valentine Vermeil

19 rue Beaubourg, 75004 Paris
Tel +33 1 44 78 47 99

Recette : Le Tigre qui Pleure

Aux Lyonnais

novembre 6, 2007

Source : Restaurants, brasseries et bistrots parisiens

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Une chaleureuse façade de bois peint abrite, à quelques pas de l’Opéra Comique, un bistrot aux accents lyonnais tout droit sorti du siècle passé.

C’est peu après le célèbre incendie de 1887 où la salle Favart fut ravagée par les flammes, qu’un petit café ouvrit ses portes au 32 de la rue Saint-Marc. Les ouvriers chargés de la reconstruction de l’Opéra viennent alors y faire leur pause ; ils seront remplacés en 1898, alors que le chantier s’achève, par les chauffeurs attendant patiemment leur maître le temps d’un concert dans la salle voisine.

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Ce n’est qu’en 1955 que le bistrot est repris par un certain M. Viollet qui donne alors son nom actuel à l’établissement et le transforme en temple de la cuisine lyonnaise. Les fritons, tabliers de sapeur, poulardes demi-deuil, quenelles de brochet sauce Nantua sont alors servis en grand nombre à une clientèle parisienne séduite par la générosité de l’assiette autant que par la convivialité du décor.

Il est vrai que le petit bistrot ne manque pas de charme : l’aménagement intérieur, de même que la façade, datent de l’ouverture du café et sont indémodables. Des boiseries de couleur crème surmontées de guirlandes de fleurs recouvrent les murs tandis que des faïences de style métropolitain courent sur la partie basse. On y trouve également un jeu de compositions de Jean-Claude Novaro, célèbre verrier de Biot, se reflétant dans les glaces biseautées des deux étages.

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La «nouvelle cuisine» qui émerge dans les années 70 va progressivement faire basculer ce bistrot du terroir dans l’oubli, avant qu’il ne soit réveillé en 2002 par Alain Ducasse et Thierry de la Brosse, le propriétaire de L’Ami Louis. Sous leur impulsion, les faïences sont alors restaurées tandis qu’on installe au rez-de-chaussée un grand comptoir en bois recouvert de zinc et d’étain sur lequel trône une ancienne machine à café à piston.

Les convives peuvent à nouveau y déguster, sur des tables en chêne patiné, quelques-uns des grands classiques de la cuisine lyonnaise.

Aux Lyonnais 05

Toutes photographies : © Editions Ereme / Valentine Vermeil

32 rue Saint-Marc, 75002 Paris
Tel +33 1 42 96 65 04

Recette : Volaille de Bresse déglacée au vinaigre de vin vieux


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